PORCELAINE DE SÈVRES
En
fait, c'est porcelaine de Vincennes que l'on devrait dire car Vincennes est
le lieu d'origine de la manufacture actuelle.
Vincennes n'ouvre qu'en 1740 après d'autres manufactures d'Île
de France comme Saint Cloud, Chantilly et Mennecy.
Le modèle dont s'inspirent toutes ces entreprises c'est Meissen. Meissen a été créé en 1710 par le Prince Électeur de Saxe: Auguste le Fort immédiatement après la découverte par Böttger et Tschirnhausen du Kaolin (1709) et de son importance dans la fabrication de la porcelaine à la chinoise.
En France, le secret de l'arcane n'est pas encore connu. On fabrique donc de la porcelaine tendre - mélange de terre calcaire blanche, de pâte de verre, de savon et de colle cuit deux fois -.
Grâce au haut patronage de Madame de Pompadour (favorite de Louis XV), le Conseil d'État accorde en 1745, à la manufacture de Vincennes, le privilège "de fabriquer de la porcelaine façon Saxe".
Dès lors la marque de fabrique de Vincennes devient le monogramme de Louis XV: deux L entrelacés. En 1753 apparaît également la lettre qui date les pièces: A signifie "pièce fabriquée entre l'été 1753 et l'été de 1754, B entre l'été 1754 et l'été de 1755,..., AA en 1778,...
En
1752 un terrain est acheté (non loin de Versailles d'où le Roi
suit les progrès de la manufacture) à Sèvres. Les travaux
de construction de la nouvelle manufacture commencent en 1754 et se terminent
en 1756. La manufacture y emménage. En 1759 Louis XV rachète l'ensemble
des actions de la manufacture et nomme Boileau à sa direction.
Les Français n'ont pas renoncés à l'espoir de découvrir le secret de la porcelaine dure. Pierre-Joseph Macquer, membre de l'Académie des Sciences après maintes recherches et maints déplacements découvre le 28 octobre 1768 l'existence des terres de Saint-Yrieix (découvertes par le chirurgien Darnet et reconnues comme étant du Kaolin par l'apothicaire Villaris).
La
porcelaine dure est finalement plus simple à fabriquée: 50% de
Kaolin pour la structure, 25% de quartz pour la translucidité, 25% de
feldspath pour lier le tout. La couverte se fait sur la pièce non cuite.
Elle est plus résistante aux chocs et aux rayures.
LES DÉCORS
A partir de 1740 Vincennes imite Meissen avec plus ou moins de bonheur. Entre 1745 et 1750 Vincennes survit grâce à la production de fleurs de porcelaine.
En 1748, Vincennes innove avec un décor en camaïeux de pourpre représentant des paysages, des natures mortes ou des personnages. La pourpre contenant de l'or ces décors sont onéreux à réaliser. La palette de couleurs de Vincennes va s'enrichir progressivement de 1745 à 1751, c'est en juillet 1751 que Jean Hellot, en charge des émaux de la manufacture, met au point le fameux beau bleu ou bleu lapis dont la transparence nuagée apparaît après cuisson.
Vincennes possède alors
son propre style: chinoiseries, oiseaux et fleur. Vincennes possède aussi
le monopole de la décoration à l'or. Toujours inégalé
ce travail de l'or fera la renommée de Vincennes.
Après le déménagement à Sèvres en 1756, des
artistes tels Armand, Capelle, Cornaille, Dodin, Levé, Parpette, les
frères Pithou, Vieillard enrichissent la technique du décor. De
grand vases deviennent les supports de chef d'œuvres d'artistes peintres
sur porcelaine.
Pour finir le support n'a plus d'importance; on utilise donc des plaques pour y réaliser des chefs d'œuvres comme "Le déjeuner de la sultane" peint par Pithou le jeune en 1783.
Pendant l'Empire le décor, toujours monumentale, est consacré
à de grandes scènes historiques ou aux portraits de grands personnages
de l'époque.
Le décor sur plaque consacré à des reproductions de grands
maîtres (Raphaël) et consacré à tous les genres: religieux,
romantique, natures mortes revient à la Restauration. Mais ces plaques,
dont les dimensions dépassent quelques fois le mètre, se font
utiles; elles décorent le mobilier ou montées sur bronze elles
constituent le corps de pendules.
Après 1850, une création essentielle de Sèvres fut celle de la marqueterie de porcelaine ou décor en pâte sur pâte. Les pièces possédant déjà un fond coloré sont sculptées par la pose de couches de porcelaine diluée supplémentaires blanches ou colorées avec des oxydes métalliques (barbotine)
A
partir de 1900, les décors sont influencés par le moderne style
et la technique du "pâte sur pâte" qui correspond bien
au goût de cette époque. La première guerre mondiale est
une parenthèse pendant laquelle la manufacture travail pour l'armée.
De nombreux artistes influencent les décors de la manufacture: R. Lalique,
Pompon, Carzou, Lurçat, L. Fini
LES FORMES
Bien sûr on fabriqua beaucoup de pièces de services de table: assiettes
plates, assiettes creuses, terrines, écuelles, gobelets, tasses et soucoupes,
pots à lait, sucriers, trembleuses, moutardiers, glacières,...mais
également des vases aux formes variées et quelques fois aux dimensions
monumentales.
Sèvres
réalisa aussi des sculptures; d'abord des statuettes d'enfants et de
bergers, puis atteignant une finesse inégalée, la manufacture
abandonne la couverte émaillée, dont la couche nuit à la
finesse du sujet, pour ne conserver que le biscuit blanc mat.
A partir de 1775 les statuettes en porcelaine tendre laissent la place à
la réalisation, en porcelaine dure, de véritables statues, de
bustes et de grands surtouts de table.
L'Empire et la Restauration se caractérisent par la fabrication de grands
vases, de plaques (voir ci-dessus le chapitre décors) et de magnifiques
services de table destinés aux résidences de l'Empereur puis du
Roi ou utilisés comme cadeaux diplomatiques.
Après 1850 un nouveau procédé de coulage permet de fabriquer des objets aux parois très minces "coquilles d'oeuf", on reprend également la fabrication de figurines mais le biscuit est abandonné au profit de l'émail coloré - vert céladon par exemple -.
Au
vingtième siècle les formes devienne plus naturalistes sous l'influence
du moderne style ( René Lalique ) puis plus géométriques
avec l'art déco. A partir de 1925 la porcelaine envahit la décoration
intérieure: paravent, boites et flacons. Grâce à sa translucidité
on fabrique également abat-jour, plafonnier et lampadaires.
SÈVRES CONTEMPORAIN
Le ministère Malraux relance la collaboration de nombreux artistes de
grand renom avec la manufacture:Agam, Alechinsky, Arp, Calder, Mathieu, Poliakoff,
Hadju. Ces artistes innovent aussi bien dans les motifs du décor que
dans les formes.
Jack Lang crée un atelier expérimental de recherche et de création (ARC).
Antoine Albis met au point une nouvelle porcelaine, très blanche baptisée "AA".
|
Recherche-Web |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |